esse arts + opinions numéro 59
Dossier : Bruit
Date de tombée : 10 septembre 2006
Rumeur lointaine, vacarme assourdissant ou brouhaha retentissant, le bruit, comme la lumière, constitue un stimulus qui influe considérablement sur notre rapport à l’environnement. À connotation plus négative que le son, le bruit est généralement perçu comme une nuisance, un élément parasitaire qui s’introduit dans un système pour y semer du désordre.
Dans une situation de communication, il peut être un facteur de perturbation à neutraliser ou à étouffer. Certains événements sonores répétitifs – comme le bruit, bien que discret, des gouttes d’eau d’un robinet qui fuit – peuvent susciter un sentiment d’agacement aigu. Ils peuvent également représenter une perte. Certains bruits insistants, que l’on oublie à force de les entendre, perdent quant à eux toute signification à force de répétition, comme le bruit de nos appareils électroniques, de la radio ou de la télévision. Dans d’autres cas, le bruit peut représenter un accroissement de complexité et ainsi avoir une valeur positive. Certains bruits identifiables, comme celui d’une voiture qui passe ou de la sonnerie d’un réveille-matin agissent comme repères spatio-temporels. Une panoplie de bruits se rapportant à la vie en communauté et aux rapports avec autrui permettent également de nous situer dans notre milieu social.
Ce dossier vise à approfondir la réflexion sur la notion de bruit dans l’art actuel, cette forme particulière d’exploitation du matériel sonore par un nombre grandissant d’artistes. Pensons notamment aux œuvres sonores, à la musique actuelle et à l’art bruitiste, mais aussi à de nombreuses pratiques en arts visuels (le bruit dans l’image, le parasite ou le noise en vidéo par exemple). Le bruit pourra aussi être observé à travers ses références à l’environnement (l’omniprésence du bruit dans notre environnement physique), par l’entremise de la psychoacoustique, par une analyse des différents affects qu’il provoque ou encore des transformations de la notion d’écoute en relation avec l’évolution de la vie contemporaine.
Les textes proposés (de 1000 à 2500 mots) pourront être envoyés à s.babin at esse.ca avant le 10 septembre 2006.
Les propositions non liées aux dossiers (critiques, essais, analyses) sont aussi bienvenues –
(tombée : 10 septembre, 10 janvier et 15 avril de chaque année).
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